Après avoir séjournée 15 jours au Baan mama à Kanchanaburi en compagnie de mon Dédé d’amour, qui est un mahout passionné par le bien-être des éléphants laissez-moi vous en dire un peu plus. Vous souhaitez rencontrer, observer des éléphants dans un espace surprenant en Thaïlande ? Laissez-moi vous partager notre expérience au Baan mama en toute sincérité. Nous aborderons aussi des thématiques comme « monter ou non sur le dos des éléphants » ainsi que « qu’est-ce que le daccco?« .

Le Baan Mama, c’est quoi ?

Baan Mama est un refuge pour les éléphants trop jeunes, âgés, malades ou fatigués de l’exploitation qu’ils subissent souvent en Thaïlande. Des éléphants qui ne peuvent pas encore ou plus travailler dans les camps à nacelles.

Créé fin 2018, le Baan Mama essaye de sortir des éléphants de camps surexploités par le tourisme, des éléphants qui passent leurs journées à faire des tours de manège ou des spectacles, sans que leurs besoins quotidiens ne soient respectés. À ce jour, il y a 4 éléphants dans le centre : Chiang rai, sa maman, sa tata et Tao.

Quand j’ai appris l’ouverture de ce centre, je me suis dit que lorsque nous aurions du temps, nous viendrions à la découverte de ce lieu. D’une part, car Kanchanaburi est une destination que j’adore par son histoire, son atmosphère paisible et sa province sauvage et que je voulais faire découvrir cet environnement à Dédé mais, aussi, car Brigitte la gérante est l’une de mes premières rencontres au début de mon périple en Asie. Nous avions sympathisé dans un autre camp d’éléphants dans lequel je débutais une mission de volontariat et Brigitte y était salariée. 

Finalement, le destin a précipité les choses et c’est à la suite d’un concours photo organisé sur la page Facebook du Baan mama que nous avons remporté un séjour de deux nuits pour ce petit bout du monde où nous avons finalement passé deux semaines.

Comment se rendre au Baan Mama à Kanchanaburi ?

De Bangkok à Kanchanaburi :
En train :
• Le train part de la « Bangkok Noi Railway Station » à Thon buri, à l’est du Chao Praya que vous pouvez traverser grâce aux nombreuses navettes (2 bahts, à 10 min de marche de la gare).
• Le samedi et le dimanche, les trains circulent à partir de la gare Centrale de « Hua Lampong Station« , environ 100 bahts.

En minibus :
• Depuis « Mo Chit » (gare routière du Nord), les bus partent de 4 heures à 18 heures toutes les heures pour un prix de 120 bahts environ selon les compagnies.

De Kanchanaburi à Baan Mama :
Baan Mama est situé à 12 km de la station de bus de Kanchanaburi. Il faut environ 15 minutes pour rejoindre le site. Le centre propose une navette gratuite une fois par jour. À prévoir lors de la réservation avec Marjolaine. Sinon en taxi le prix est approximativement de 350 bahts. N’ayez pas peur de négocier, nous avons eu un songthaeo pour 200 bahts.

Notre expérience au Baan Mama

Les hébergements :

À peine descendus du pick-up que Tao, éléphante de plus de 50 ans nous passe devant en toute simplicité et légèreté. Bienvenue au Baan Mama, « un éléphant dans le jardin ». Un peu plus loin, sur le chemin de la réception nous faisons la rencontre de Chiang Rai, éléphant âgé de deux ans et pesant 500 kilos. Le charme opère et Dédé qui est mahout et passionné (ou passionné et mahout devrais-je dire), n’attend qu’une chose, pouvoir s’en approcher. 

Avant ça, Brigitte nous guide jusqu’à notre chambre et là encore, nous avons la belle surprise d’être dans une cabane qui donne sur la rivière Kwai. Climatisée et majoritairement faite de bois, exactement ce que l’on aime ! Les chambres proposées ne sont pas très modernes, mais le confort est plus que correct. Certaines chambres se trouvent perchées dans les arbres, un vrai cocon avec vue sur le parc pour une halte apaisante de quelques jours.

Ce centre est très agréable, il y a de petits endroits pour se détendre nichés un peu partout. Pour se reposer, lire ou admirer la vie des animaux, il y a de quoi faire. Le parc est verdoyant et ombragé même en saison sèche, une vraie bénédiction.

Les repas et le restaurant :

Les repas sont servis sur une jolie terrasse surplombant la rivière. Baan Mama ce n’est pas que des hébergements, c’est aussi un restaurant ouvert aux visiteurs extérieurs. Au petit-déjeuner, voici ce qui est proposé : boisson chaude, fruits, tartines de pain de mie complet, accompagné d’une confiture maison ainsi que des œufs au plat. Le déjeuner et le dîner sont des plats thaïlandais ou FrancoThaï délicieux et préparés avec amour : soupe au lait de coco, poilées de légumes, gratins de légumes et j’en passe. Si vous êtes végétarien, il suffit de prévenir et vous aurez une version adaptée.

De l’eau fraîche est à disposition gratuitement toute la journée au bar. Pour terminer la journée en beauté, je vous recommande de goûter au granité coco ou à la pinacolada, vous ne serez pas déçus.

Les formules :

Chez Baan Mama, il est possible de séjourner plusieurs jours en tant que client, mais aussi en tant que volontaire. Lors d’une immersion bénévole, vous aiderez l’équipe du centre dans leur quotidien. Comme aller couper des bananiers ou nettoyer les emplacements de nuit des éléphants. Le site du centre est complet et très bien fait alors pour les tarifs : C’est ici !

Mon coup de cœur au Baan mama à Kanchanaburi :

Pour ceux qui nous suivent sur les réseaux, vous avez forcément découvert le coup de foudre que Dédé a eu pour Chiang Rai (vidéos disponibles ici) Alors quand Brigitte nous a fait part de son besoin d’un Mahout remplaçant, c’est sans hésiter que Dédé a accepté. Je pourrais vous parler de plusieurs moments, mais mon souvenir préféré reste celui où Dédé se baignait avec Chiang rai dans la rivière. C’était superbe à regarder, un moment d’amour et de partage inexplicable qu’il faut voir pour comprendre. J’ai toujours été convaincue que Dédé avait un amour inconditionnel pour les éléphants, mais notre passage chez Baan Mama m’a d’autant plus ouvert les yeux. Rien que pour ces instants de bonheur, je remercie Brigitte d’avoir laissé cette opportunité à Dédé.

Lors de ce séjour, j’ai eu l’occasion de faire la rencontre de Valérie et Chantal qui étaient sur place pour organiser un stage d’éléphanthérapie : Plus d’information ici ! Auparavant, j’avais déjà aperçu des stages qui ne m’avaient pas convaincu. C’était trop dans l’excès à mon goût. Mais là, c’était une approche différente et j’ai pris plaisir à observer leurs pratiques. Je me suis même surprise à pleurer devant l’une des baignades avec Tao que j’ai trouvé très émouvante.

FAQ : Qu’est-ce que le Dacco ?

Le dacco, c’est un outil ancestral du mahout qui est normalement utilisé pour réagir en cas d’urgence. Un éléphant reste un animal sauvage, apprivoisé certe, mais avec des pulsions qui peuvent être dangereuses en présence d’humains. Un mauvais mouvement, un coup de pattes ou de queue peut surprendre plus vite qu’on ne l’imagine.

De plus, imaginez qu’un animal d’une telle taille parte au pas de course vers des villageois ou visiteurs pour une raison ou une autre (un bruit inhabituel, un chien qui traverse entre les pattes de l’animal, etc.).

Comment l’arrêter ? Cet outil n’est normalement pas là pour faire souffrir l’animal sans raison, mais pour le guider ou le stopper. Un éléphant adulte pèse en moyenne entre 2 et 3 tonnes alors il a pour objectif de transmettre une information d’une manière ferme quand la voix ne suffit plus.

Il est utilisé pour tirer l’oreille de l’éléphant afin de le faire réagir. Pour cela il doit avoir la pointe courbée de façon à tirer et non piquer. Son aspect agressif je vous l’accorde peut impressionner. Mais pour avoir fait le test sur mon bras, dans ce centre la pointe ne pique pas.
Dans certains camps, des Mahouts affûtent la pointe, car ils ont probablement de gros soucis d’ego. Mais les professionnels et passionnés eux l’émoussent de façon à le rendre moins tranchant qu’à l’origine. Pour comprendre, regardez la photo qui suit, voici trois exemples de Dacco.

Le plus petit est le plus tranchant et le moins arrondi.
Alors que celui du haut est épais et absolument pas coupant. C’est bien celui-ci que les Mahouts utilisent dans ce refuge.

FAQ : Monter sur le dos des éléphants oui ou non ?

Je ne suis pas spécialiste, mais je pense que nous pouvons tous faire preuve de bon sens. N’avez-vous jamais joué avec votre chien, chat, lapin et créé un lien de complicité si fort que vous seul le comprenez ? Et bien avec les éléphants, c’est un peu pareil. Ce que nous occidentaux nous devons comprendre aussi c’est que paradoxalement, gérer un éléphant de plusieurs tonnes demande plus de fermeté qu’avec un chien de quelques kilos.
De même qui si vous portez votre chat sur vos épaules pendant quelques minutes cela ne vous procurera aucune douleur. Par contre, s’il passe la journée sur vous, vous risquez d’avoir des gènes et douleurs. J’espère que vous comprenez où je veux en venir. Le juste équilibre.


En observant et écoutant Dédé auprès des éléphants, j’ai compris que le plus important pour un mahout, c’est d’aimer les/son éléphant(s). De là en découleront le respect et l’équilibre de cette relation.

FAQ : Pourquoi les éléphants ont-ils une chaîne ?


Et nous, pourquoi laissons-nous parfois notre chien enfermé dans le jardin alors qu’il rêve de partir découvrir les environs et se faire des tonnes de copains ? Pour le protéger des voitures, pour ne pas embêter les voisins, etc. Et bien, pour les éléphants c’est un peu pareil.
Encore une fois, dans d’autres centres la réponse peut-être différente, mais ici, les éléphants sont attachés seulement la nuit pour éviter qu’ils ne partent trop loin, se blessent, blessent les autres ou détériorent des camps de cultures sans le vouloir.

Chiang Rai, l’éléphanteau n’est pas vraiment conscient de son poids et de sa morphologie alors lorsque le Mahout déjeune ou lorsqu’il faut faire un soin par exemple, il est attaché.

Et la santé des éléphants dans tout ça ?

Souvent les balades sur les chemins et routes inappropriés abîment les ongles et à la longue blessent les animaux. Ici, les éléphants marchent moins d’une heure et demi sur la route.

La route n’est pas l’élément naturel pour les pattes et ongles de l’éléphant et ça Brigitte le sait alors elle met tout en œuvre pour créer un espace adapté. Lors de mon passage, j’ai vraiment eu le sentiment qu’elle préférait prévenir que guérir. Pour l’alimentation, les soins et la vie au quotidien des animaux au sein du centre, elle écoute chaque conseil et est attentive aux avis des professionnels qu’elle rencontre.

Je le répète, mais je ne suis pas une professionnelle du comportement et de la santé des éléphants. Je ne prétends pas détenir la vérité. Le but de cet article est simplement de vous donner quelques éléments afin de bien comprendre qu’en Thaïlande, les centres, camps et sanctuaires ne sont pas tout rose ou tout noir et pour le découvrir, il faudrait passer bien plus qu’une journée. Pour être tout à fait sincère avec vous, j’ai de plus en plus une préférence pour l’observation que pour l’approche des éléphants. 

Ça, c’est un point de vue tout à fait personnel. Il n’est à ce jour malheureusement pas possible de laisser la liberté complète à des éléphants domestiqués depuis des générations. Le braconnage d’éléphants est encore d’actualité en Thaïlande. Dans certains parcs nationaux comme le Khao yai, il est possible d’apercevoir des éléphants en totale liberté. Mais pour votre sécurité, interdiction de s’y approcher.

Pourquoi venir au Baan mama à Kanchanaburi ?


Si vous êtes à la recherche d’un contact plus ou moins physique avec les éléphants, le centre du Baan Mama est une bonne façon de s’approcher de cet animal majestueux. Plus ou moins proche ou à distance, dans l’eau, ou simplement confortablement installé sur l’herbe, ici aucune obligation de porter des vêtements d’une ethnie dont vous n’apprendrez rien. Pas non plus le planning classique comme dans les camps traditionnels : nourrir les éléphants, marcher avec eux jusqu’au point d’eau, vous baigner et rentrer. Ici, vous êtes sur place, vous avez la possibilité d’en profiter réellement. Ces éléphants ne font pas la rencontre de dizaines de touristes différents chaque jour comme dans la majorité des camps qui se disent éthiques. Chez Baan Mama, vous avez le temps de vivre une rencontre plus sincère et plus simple.

Si vous avez des conseils, des avis ou que cet article vous a aidé à mieux comprendre la vie des éléphants apprivoisés en Thaïlande, prenez le temps de le partager, de commenter et liker afin qu’il poursuive son chemin de bienveillance.

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