Une hospitalisation en Thaïlande. On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres et pourtant. Si je vous écrit ce témoignage aujourd’hui, c’est pour vous parler à cœur ouvert de ma propre expérience, mes conseils, mes peurs, mes doutes mais aussi le positif que cette aventure étonnante que j’ai vécu seule, au bout du monde.

Hospitalisation made in Thaïlande 

Après plusieurs jours dans la magnifique ville de Pai, à travailler en tent que volontaire dans une ferme biologique, je me suis réveillé un matin dans ma petite case en bambou avec une petite douleur sous la fesse. D’apparence, rien de bien méchant, ce n’était qu’un petit bouton, mais vas savoir pourquoi, ce jour la je me la suis joué, dans la peau d’une dermatologue. J’ai bien trifouillé, puis désinfecté et je suis partie sur l’exploitation pour la journée. C’est pas un bouton qui va arrêter dora l’exploratrice.

Pour vous remettre en situation, Pai est située au cœur des montagnes entourées proches des rizières et de divers exploitation ce qui fait d’elle une province très humide et malgré des vêtements de pluie, après plusieurs heures de travail, je rentrais souvent trempé en fin de journée. Deux jours plus tard au moment de reprendre la route pour Chiang Mai, j’avais la sensation d’être enrhumé, j’étais fatigué et pour ne rien arranger le bouton avait doublé de volume et une petite douleur dans l’aine commençait à se faire sentir. C’était anormal, je le savais alors j’ai continué de désinfecter et pris contact avec la seule personne apte à m’aider.

Dans ces moments-là ta mère c’est ton super héros, elle n’a jamais fait d’études de médecine, mais tu es persuadé qu’elle sera mieux t’aider qu’un médecin. Et de dora l’exploratrice, je passe à petite fille fragile, il est 7h00 du matin et je suis en Facetime avec ma mère entrain de lui montrer mes fesses #crazyfamily .

Elle pense à un furoncle, surtout il ne faut pas percer me dit-elle ! Trop tard ça fait déjà deux jours que je persiste… Alors pendant qu’elle recherche des remèdes naturels sur internet, moi je tape furoncle sur Google, puis images (naturellement avant de savoir ce que sait-on veux savoir à quoi ça ressemble) et la l’horreur !

Images chocs, des boutons énormes suppurants défilaient devant mes yeux, help je veux pas finir comme ça ! Mon bouton à moi il était tout mignon, rosé, un peu dodu certes, mais bien plus joli que ça. Soulagée, ma mère découvre un antidouleur naturel : appliquer du curcuma jumelé à une huile neutre puis couvrir avec un pansement pour éviter les frottements.
C’était la course, le van direction Chiang Mai partait dans quelques minutes, j’étais fiévreuse et épuisée, je n’imaginais pas tomber nez à nez avec du curcuma dans un petit magasin face à la station de bus. Merci ma bonne étoile !

Quand la situation s’aggrave…

Arrivée dans ma chambre à Chiang Mai, je tombe comme une masse, plus de force, frissonnante, mais ce n’était pas le moment de faire la princesse, car le lendemain le Laos m’attendait, je devais reprendre des forces.

À mon réveil, ma force était équivalente à celle d’une limace, mais mon envie de vivre la traversée du Mékong était si intense qu’elle me donna l’énergie nécessaire pour porter mes deux sacs et me rendre à la station de bus.

Après l’effondrement du barrage et tous ces milliers de villageois qui venaient de perdre leurs maisons, leurs exploitations, leur famille et parfois leur vie sous 500 millions de tonnes d’eau, je voulais me rendre là-bas, voir si je pouvais me rendre utile. Il est 13h, et je découvert un second petit bouton sur mon bras, mais à ce moment précis mes problèmes cutanés étaient le cadet de mes soucis.

Et comme ci la Thaïlande voulait encore un peu de moi, tous les bus étaient complets, prochain départ le lendemain dans l’après-midi. Il était 13h00, je me dirige dans l’auberge la plus proche et m’emmitoufle sous la couette pour ouvrir les yeux six heures plus tard. En sortant de la douche, j’ai voulu désinfecter mes deux nouveaux amis et là le simple frottement de la compresse faisait couler du sang abondamment… C’était le moment de voir un médecin, mais le dimanche à 19h30 aucune consultation envisageable.

Direction les urgences situées à 10 minutes de marches, comme si le destin avait bien fait les choses. Les hôpitaux j’y ai rarement mis les pieds, alors je ne s’avais absolument pas ce qui m’attendait. Arrivée à l’accueil, je rencontre des infirmières  à qui je montre quelques photos afin d’expliquer ma situation. Elles m’ont immédiatement demandé si je ne m’étais fait mordre ou piquer par un quelconque animal.

Effectivement deux semaines auparavant , un toutou du sanctuaire de Sangkhlaburi m’avait bien mordu par erreur, mais la plaie avait cicatrisé. Étant tous les deux vaccinés je n’avais pas trouvé utile de me rendre à l’hôpital.

Je rencontre un médecin qui m’examine à peine et m’explique que le Laos allait devoir attendre, car je devais passer la nuit ici. J’ai été prise en charge par l’équipe d’infirmières : tension, fièvre, prise de sang et c’est à cet instant ou je craque, quelques larmes coulent, mon cerveaux part dans tout les sens. Je sers l’un de mes petits porte-bonheur que j’ai toujours sur moi et je demande à ma bonne étoile de me protéger et de me laisser encore profiter de ce périple, je ne voulais pas rentrer, pas maintenant.

On m’explique que  je suis proche des 40 de fièvre, que ma tension est basse, j’allais avoir besoin d’antibiotiques et d’une perfusion pour la nuit et le lendemain je ferais la rencontre du médecin qui me prendrait en charge. Avant de monter en chambre, un homme vient prendre le temps de me donner les tarifs pour une nuit à l’hôpital hors frais médicaux puis c’est sur un brancard qu’on me conduit à ma chambre que je partagerais avec 4 mamies.

C’est une grande pièce, nous sommes séparés par des rideaux et à côté de chaque lit un canapé, car en Thaïlande on ne laisse pas les gens seuls à l’hôpital. Les portes principales ferment de 22h00 à 6h00 et chacun est libre de recevoir quand il le souhaite, et le canapé est proposé à gratuitement pour ceux qui souhaitent dormir sur place. Quelques jours plus tard quand une amie est venue me rendre visite les infirmières lui ont même proposé de prendre une douche si elle le souhaitait.

Mon hospitalisation en Thaïlande

Première nuit :
Il était 20h30 et je n’avais pas mangé, l’infirmière s’excusa, car le dîner avait déjà été servi bien plutôt et comme ci cela était normal elle se proposa d’aller pour moi au 7 Eleven, l’épicerie locale. Une seconde infirmière me prêta son chargeur de téléphone afin que je puisse échanger avec mes proches. Et la bienveillance de ces femmes a été constante tout au long de mon hospitalisation.

Première journée :
J’ai rencontré le Docteur, nous avons échangé et il m’expliqua que la priorité était de faire tomber la fièvre. Puis après avoir examiné les deux boutons, il m’annonça que ce n’était pas des furoncles et qu’il fallait procéder à une incision sur chacun d’eux afin d’extraire puis d’analyser le contenu. L’auberge ou j’avais laissé mes affaires en plan à gentiment fait mes sacs et m’a ramené l’intégralité à l’hôpital merci à eux pour ce geste d’empathie et de générosité.

Seconde journée :
Plus de fièvre, mais toujours très fatigué, car je ne trouvais pas le sommeil. Direction le bloc opératoire accompagné d’une aide-soignante souriante qui malgré la barrière de la langue faisait tout ce qu’elle pouvait pour me rassurer. Le médecin commença par le bras, grâce à l’anesthésie locale ce n’était pas douloureux puis il continua avec l’endroit plus sensible. Situé à quelques centimètres de mon petit abricot , il fallait faire plusieurs injections pour que l’anesthésie locale opère.

C’était seulement quelques secondes, mais ce moment fût vraiment douloureux, je serrais fort la main de l’aide-soignante qui me regarder en me disant  » You are strong ».

Étrangement, j’ai pensé à ma maman, atteinte de plusieurs maladies, le destin lui laisse peu de répit. Maladies, rare, incurable, auto-immune, de peau, d’organe, cancer…
A cette instant, avec mon mini bobo, j’ai réalisé qu’elle avait dû passer vivre des moments extrêmement difficiles, de stress, d’inquiétude et de solitude, car même si vous n’êtes accompagné, personne ne peut vraiment  imaginer la douleur que vous ressentez. Et malgré ça, elle se bat chaque jour et elle croit en ses forces et n’abandonne jamais et garde toujours le sourire.

Alors que le médecin faisait les gros yeux, mais rester sans voix, l’aide-soignante séchait mes larmes. Il m’annonça alors que c’était infecté, il fallait extraire toute la zone immédiatement. Une fois l’intervention terminée il m’expliqua que nous ne pouvions pas recoudre sinon le sang allait se stocker dans l’espace qui venait d’être vidé et cela pourrait créer un kyste. C’est donc à ce moment là que j’ai découvert les mèches ! Je ne savais pas vraiment ce que cela signifier, je l’ai compris quelques heures après quand il a fallu changer les bandages.

L’infirmière devait nettoyer l’intérieur de la plaie à l’aide d’un long Coton-Tige puis mettre des compresses imbibées de désinfectant à l’intérieur sur plusieurs centimètres de profondeur.
Sans anesthésie, les premiers jours ont été très difficile, sueurs froides de douleur, pointe au cœur, j’avais l’impression qu’elle touchait mon âme.

Un peu plus tard le Docteur m’apporta les analyses suite aux prélèvements en m’annonçant que j’avais une infection nommée staphylocoque doré. Probablement transmise lors de la morsure du chien ou bien par l’eau container qui aurait touché la plaie lors des douches.

Le traitement était simple : antibiotiques, anti-inflammatoires, antidouleurs et attendre que la cicatrisation soit partiellement faite avant de quitter l’hôpital. J’ai eu le droit à quelques somnifères pour enfin trouver le sommeil, mais à l’hôpital il n’est pas facile de dormir même la nuit !

Déroulement d’une journée ordinaire à l’hôpital

6h15 | Réveil et tension + fièvre .
6h40 | Perfusions .
7h30 | Petit-déjeuner .
7h40 | Venue de l’infirmière pour la fin de la perfusion .
8h10 | Toilette faite par les aide-soignantes .
8h40 | Médicaments et tension + fièvre .
10h00 | Pansements .
11h30 | Déjeuner .
13h00 | Médicaments + tension + fièvre .
13h55 | Perfusions .
15h00 | Venue de l’infirmière pour la fin de la perfusion .
17h00 | Tension + fièvre .
17h30 | Médicaments .
21h00 | Perfusions .
23h00 | Venue de l’infirmière pour la fin de la perfusion .
02h00 | Tension fièvre + seconde perfusion .

La convalescence

Après 6 jours à l’hôpital je pensais enfin pouvoir reprendre la route pour le Laos, mais le médecin m’expliqua que ça n’était pas envisageable. Je devais suivre un traitement de 20 jours d’antibiotiques et revenir 2 fois par jour à l’hôpital afin de changer les mèches et le Laos n’était pas le meilleur endroit pour cela. Je suis donc resté a Chiang Mai, cette ville que j’ai appris à aimer.

Le plus difficile finalement c’était de rester inactif. Cette interruption dans mon périple m’a permis d’accepter les choses telles qu’elles sont car on ne peut pas sans cesse être dans le contrôle comme j’ai parfois tendance à l’être.

Aujourd’hui, avec le recule, je remercie cette infection sans laquelle, je n’aurais probablement pas prolongé mon voyage en Thaïlande et donc pas eu la chance de rencontrer mon mari.

La foire aux questions sur mon hospitalisation

As-tu une autre assurance que mondiale assistance et comment c’est déroulé le paiement des frais ?

Non, je possède une carte Visa Prenium (automatiquement mondiale assistance) qui a couvert l’intégralité de mon hospitalisation ainsi que les soins qui ont suivi. Je n’ai rien avancé et en plus de l’assistance administrative qui fera la liaison avec la sécurité sociale, un médecin français m’appelle régulièrement afin de prendre de mes nouvelles. Important : Vous devez avoir réglé votre billet avec cette carte bancaire et l’assurance est valable 3 mois après votre départ. De plus il est impératif de prévenir l’assistance le premier jour de votre hospitalisation, car elle prendra en charge à partir du jour de votre appel sauf cas exceptionnel. Pour la suite de l’aventure je pense me diriger vers GobyAva, car mon assurance arrive à terme.

Tu n’as pas eu peur de l’hygiène ? 

Non c’était irréprochable, chambre nettoyée plusieurs fois par jour ainsi que des draps propres, douches et w.c. . Chaque ustensile est sous emballage stérile et le personnel à une tenue propre des pieds à la tête, la bouche et les cheveux couverts, utilise des gants dès lors qu’ils te touchent les zones infectées. Du gel antibactérien  à la disposition partout. Rien à redire.

L’hygiène comparée à la France ?

Je suis allé une fois aux urgences d’un hôpital à Lyon situé vers grange blanche et j’avais était choqué de l’état de celui-ci, j’ai donc étais agréablement surprise par la propreté des locaux qui ont plus de 130 ans.

Étais-tu dans un hôpital local ou à touristes ?

J’étais dans une clinique privée avec majoritairement des locaux.

Pourquoi te prendre en photo avec un journal du jour ?

Je ne pouvais pas me déplacer à l’immigration en personne, alors en plus de photos d’identité, il fallait une preuve de ma présence ce jour à l’hôpital. J’ai appris que lorsque vous êtes hospitalisé et sous rapport médical, l’immigration peut accepter de prolonger votre visa (payant 50€)  pour toute la durée des soins. En ce qui me concerne, ce sont les jeunes femmes du service relation clients de l’hôpital qui on prit en charge l’intégralité de la demande administrative pour réaliser la prolongation, d’où l’importance d’avoir plusieurs photos d’identité dans son sac.

Combien coûte une nuit d’hospitalisation ?

37€ (1400 bahts). Le coût total de l’hospitalisation pour 6 nuits est de 41000 bahts soit 1100€. Une fois quitté l’hôpital, il faut ajouter environ 6€ pour changer les pansements.

Comment as-tu communiqué avec les médecins ?

En anglais, il y a eu des moments complexes où je savais qu’ils ne me comprenaient pas, dans ce cas j’utilisais un traducteur. En général les Thaïlandais ne disent jamais non, alors au feeling tu sens si la personne ne comprend pas.

A savoir aussi que la sécurité sociale vérifie si vos vaccins sont à jours. Dans le cas contraire ils peuvent refuser de vous rembourser certains soins. Je vous recommande de consulter un médecin dans un centre de vaccination et maladies tropicales accessible dans toutes les villes.

J’ai été conseillée par le centre de Bordeaux Saint-André et je ne regrette pas d’avoir fait  4 heures de route à trois reprises pour m’y rentre, ce sont des professionnels et ont souvent plus de connaissances sur ce sujet qu’un médecin généraliste.

La majorité des vaccins ne sont pas pris en charge, mais selon votre projet ils peuvent être obligatoires (volontariat ou humanitaire par exemple). Par ailleurs, prenez un peu d’avance, car certains nécessitent deux ou trois injections. En bref pour vivre un voyage en toute sérénité, ça demande de l’organisation et de la préparation en amont, mais croyez-moi ce qui vous attend ensuite en vaut la peine.

Tout simplement merci

Vous avez été nombreux à me demander pourquoi je ne rentrais pas en France, pour moi la question ne se posait même pas. Et pour être honnête, elle ne m’avait absolument pas traversé l’esprit, tout simplement car être en France n’aurait absolument rien changé.

Évidemment, si je me sentais en danger j’aurais opté pour l’option rapatriement, mais j’avais les soins nécessaires, mes proches chaque jour au téléphone, il n’y avait pas de raison pour mettre fin à ce projet de voyage solidaire qui est le mien .

Un immense merci à vous de m’avoir soutenu au quotidien car il n’y a pas une seconde ou je me suis sentie seule petites pensées aux infirmières rencontrées sur Instagram pour leurs nombreux conseils. Ainsi qu’une pensée toute douce à mes proches qui ont été rassurants et qui ont pris du temps pour moi malgré les kilomètres qui nous séparaient.

Merci d’avoir lu ce témoignage pas comme les autres. Comme je le répète souvent, la meilleure façon de soutenir se blog et mon travail est de liker, commenter et/ou partager. C’est rapide mais très utile :).

Le voyage, ça démarre parfois d’une folie qui nous obsède, lui donner vie c’est avoir le courage de croire en soi.

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